No image

Joconde

Panneau aux colombes sur un bassin

ATELIER DE ROME (?);RAFFAELLI (?, atelier)

Date
18e siècle;19e siècle
Medium
micro-mosaïque, verre
Department
musée Condé, Chantilly
Institution
Joconde

Panneau utilisant la technique des ' micro-mosaïques ', réalisées avec des smalts filés ; beaucoup de ces éléments découpés dans des baguettes de verre filé ont une section inférieure à 0,1 cm (0,3 cm dans les filets de bordure). Le panneau est bordé d'une série de trois filets : le premier est noir, le deuxième rouge, tandis que le troisième est formé de sections de baguette bleu ciel à noyau rouge. Sur un fond bleu foncé, le centre du panneau présente quatre colombes perchées sur un bassin métallique. Le bassin hémisphérique repose sur une tablette blanche elle-même posée sur une surface beige. Le récipient de cuivre est bordé par une rangée d'oves, il est muni d'anses arrondies et de pieds en bobine. Un dégradé coloré rend l'arrondi de la vasque qui est remplie d'eau. De gauche à droite, sont figurées une colombe qui se retourne vers la gauche, une colombe se retournant vers la droite, l'aile semi-déployée, puis une colombe plonge son bec dans l'eau pour boire, tandis que la quatrième se retourne pour s'épouiller. Les trois colombes placées au premier plan sont blanches (dégradé de blanc-gris), tandis que celle qui est figurée en arrière est rendue dans un dégradé de beige, plus sombre que les autres car elle est moins éclairée. Après sa découverte dans la Villa Hadriana, la mosaïque aux colombes suscita une vive admiration, à la fois pour sa finesse d'exécution et la perfection du rendu illusionniste de la scène. Or, dans sa publication de 1752, Furietti établissait déjà un rapport entre l'image représentée et le passage de l'Histoire naturelle (XXXVI, 184) de Pline l'Ancien, mort en 79 après J.-C., que l'on peut traduire ainsi : ' dans le genre de la mosaïque, l'artiste le plus célèbre fut Sosos qui fit à Pergame l'asorotos oikos (la ' salle non balayée '), ainsi nommée parce qu'il avait représenté, en petits cubes de diverses couleurs, les reliefs d'un repas qu'il est d'usage d'enlever avec un balai, et qui semblaient y avoir été laissés; nous y voyons aussi une colombe qui boit et dont la tête fait de l'ombre sur l'eau, tandis que d'autres se chauffent au soleil en s'épluchant, sur le bord d'un canthare ' (DONDERER 1999, p. 91). Ce texte de Pline, qui contient le seul nom de mosaïste transmis par les textes anciens, permit de connaître la mosaïque pergaménienne qu'on date du milieu du IIe s. avant J.-C., période royale la plus brillante de l'histoire de la ville. La mosaïque était célèbre dans l'Antiquité et plusieurs copies nous sont parvenues, plus ou moins fidèles : l'une, trouvée à Délos, date de la fin du IIe ou du début du Ier s. avant J.-C. Le thème fut repris à l'époque d'Hadrien comme en témoigne le magnifique panneau découvert dans sa Villa : est-il une copie fidèle de la mosaïque de Sosos exécutée vers 125-133 après J.-C., ou bien le panneau original réutilisé par Hadrien, comme le pense M. Donderer ? La première hypothèse reste la plus probable.

The authoritative record is held by Joconde. LinkedCulture surfaces this object and its connections; it does not alter institutional metadata.

Related across collections

Semantically similar works from Joconde and other institutions.