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Joconde

Satyre

Date
1er siècle av JC;1er siècle
Medium
bronze, argent, fonte à la cire perdue, décor à froid
Department
musée Condé, Chantilly
Institution
Joconde

Ce petit bronze à la cire perdue, représente un satyre, reconnaissable à ses petites cornes naissantes, ses oreilles pointues et sa queue au bas du dos. Les yeux sont rapportés en argent, comme sur la plupart des bronzes romains de bonne facture. Le personnage est saisi en élan vers la gauche, prenant appui sur la jambe droite, la jambe gauche nettement dégagée. Le pied droit semble en partie arraché. Le bras droit est fermement tendu vers l'avant, la main fermée sur un objet qui n'est plus conservé. L'arrachement de l'épaule gauche suggère que le bras correspondant était levé. Le torse, déployé latéralement, est vigoureusement modelé tout comme les bras et les jambes. La toison pubienne est soigneusement reprise à froid. La tête est portée par un cou épais et court. La chevelure en bataille est traitée en mèches volumineuses et bouclées. Le visage se caractérise par ses traits camus et une certaine expressivité : les sourcils broussailleux sont froncés, le front ridé et la bouche entrouverte. La dissymétrie des oreilles, la droite baissée, la gauche dressée, achève d'animer la figure, saisie en pleine action. Le mouvement du satyre oscille entre la course et la danse : il semble participer aux élans d'une transe bacchique. Dans sa main gauche, il pouvait brandir une nébride, la peau de cervidé dont il se vêt traditionnellement, ou plutôt un objet de section circulaire : un thyrse, un pedum ou un lagobolon. Malgré la tension du bras, l'arc est à exclure : les satyres sagittaires ne sont pas attestés pendant l'antiquité. La statuette rappelle dans son attitude certains personnages des cortèges dionysiaques, visibles sur les reliefs néoattiques que les Romains commandent aux artistes grecs, à partir du IIème siècle avant J.-C. Le relief découvert à Herculanum du Musée national de Naples (inv. 6726), montrant un satyre en plein mouvement, en est un des nombreux exemples.

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